السبت، 21 سبتمبر 2019

337 : بانوراما قانون العقود: 2018، بقلم: د. مصطفى مكي،

Droit des contrats décembre 2017-décembre 2018

Mustapha Mekki, Agrégé des Facultés de droit,
Professeur à l'Université Paris 13 - Sorbonne Paris Cité, Co-directeur de l'IRDA

I - Droit transitoire

Voici venu le temps... du droit transitoire ! Comme certains commentateurs de la loi l'avaient prédit, la réforme du droit des obligations soulève de nombreuses questions de droit transitoire (V. not. A. Bénabent, Application dans le temps de la loi de ratification de la réforme des contrats (art. 16 de la loi du 20 avr. 2018), D. 2018. 1024. Avant la loi de ratification, V. S. Gaudemet, Dits et non-dits sur l'application dans le temps de l'ordonnance du 10 février 2016, JCP 2016. Act. 559, p. 958). A priori les principes posés par l'ordonnance du 10 février 2016 (art. 9), modifiée et complétée par la loi de ratification n° 2018-287 du 20 avril 2018 (art. 16), sont clairs. Sauf exceptions (art. 1123, 1158 et 1183 c. civ.), tous les faits et actes accomplis avant le 1er octobre 2016, date d'entrée en vigueur de l'ordonnance, sont soumis à la loi ancienne. Il s'agit de la « postactivité de la loi ancienne » (Sur cette question, S. Mercoli, À propos de l'article 16 de la loi du 20 avril 2018 ratifiant l'ordonnance du 10 février 2016 réformant le droit des contrats : simple précision méthodologique ou réforme du droit transitoire ?, LPA 25 juin 2018, p. 12). Ensuite, seuls les faits et actes accomplis entre le 1er octobre 2016 et le 1er octobre 2018 sont soumis au droit intermédiaire non modifié de l'ordonnance du 10 février 2016. Les règles interprétatives issues de la loi de ratification sont également applicables au 1er octobre 2016, jour de l'entrée en vigueur des textes interprétés (« les articles 1112, 1143, 1165, 1216-3, 1217, 1221, 1304-4, 1305-5, 1327-1, 1328-1, 1347-6 et 1352-4 du code civil, ont un caractère interprétatif », art. 16). S'agissant des dispositions de la loi de ratification opérant une modification substantielle de l'ordonnance, elles sont applicables depuis le 1er octobre 2018, date d'entrée en vigueur de la loi.

Droit transitoire et compréhension des juges du fond. Les principes sont clairs, même si certains juges du fond ont parfois du mal à les intégrer. Telle est l'illustration que fournit un arrêt rendu par la première chambre civile de la Cour de cassation le 19 septembre 2018 (Civ. 1re, 19 sept. 2018, n° 17-24.347, D. 2018. 1863 ; AJ Contrat 2018. 477, obs. G. Chantepie). En l'espèce, les juges du fond ont libéré un prestataire de services de son obligation d'entretien d'un système de climatisation d'un particulier en motivant leur décision par le fait qu'un des éléments essentiels du contrat avait disparu le rendant impossible à exécuter et donc caduc, sur le fondement de l'article 1186 du code civil. L'arrêt est légitimement cassé. Le contrat ayant été conclu avant le 1er octobre 2016, l'ancien droit aurait dû s'appliquer. Cependant, même à l'aune du droit ancien, la libération du débiteur aurait été difficile à justifier. Si le contrat de maintenance ne pouvait pas être exécuté, c'était en raison d'un accès au matériel rendu plus difficile, dû à des travaux de voirie rendant nécessaire l'utilisation d'une nacelle que le propriétaire ne voulait pas payer. Tout d'abord, à plusieurs reprises la Cour de cassation a certes jugé qu'un contrat dont l'exécution était devenue impossible est caduc (Com 4 oct. 2011, n° 10-10.548, Rev. sociétés 2012. 424, note L. Godon : à propos d'une clause d'exclusivité impossible à exécuter). Cependant, il n'est pas certain qu'en l'espèce, on ait affaire à un élément essentiel disparu justifiant la caducité du contrat. S'il y a impossibilité d'exécuter, elle aurait pu ensuite être qualifiée de force majeure. Cette impossibilité d'exécution, qui libère le débiteur, renvoie à la théorie des risques. Res perit debitori, les risques pèsent sur le débiteur, libéré en cas de force majeure, et qui doit dispenser le créancier de son obligation d'en payer le prix. Cela a pu autrefois être fondé sur la disparition de la cause dans les contrats synallagmatiques (Comp. Civ. 1re, 30 oct. 2008, n° 07-17.646, D. 2008. 2937, et 2009. 747, chron. P. Chauvin et C. Creton ; RTD civ. 2009. 111, obs. J. Hauser, et 118, obs. B. Fages). Cela pourrait demain être fondé sur l'article 1351 du code civil qui dispose que l'impossibilité d'exécution libère le débiteur « lorsqu'elle procède d'un cas de force majeure et qu'elle est définitive », ce qui entraîne la résolution du contrat (art. 1218, al. 2, c. civ.). Il n'est cependant pas certain que l'obligation pour le débiteur d'utiliser une nacelle rendant le coût plus onéreux constitue une impossibilité d'exécuter de manière définitive. La force majeure aurait été un fondement très discutable. Enfin, ne peut-on au moins y voir un cas d'imprévision ? Enfin, à l'aune du droit nouveau, pourrait-on demain y voir un cas d'imprévision ? En définitive, l'analyse des solutions qui auraient pu être rendues à l'aune du droit ancien permet de penser que c'est moins pour une raison de droit transitoire que pour une raison de fond que la décision des juges du fond a en l'occurrence été censurée.

Les pouvoirs du juge et le droit transitoire. La loi de ratification a prohibé tout recours par le juge à la théorie de l'effet légal et à celle de l'ordre public impérieux pour anticiper l'entrée en vigueur de certaines dispositions nouvelles (art. 9 mod. par la loi de ratification). Cependant, cette modification est sans effet sur l'interprétation du droit ancien à la lumière du droit nouveau initiée par la Cour de cassation. Dès les premiers mois de l'ordonnance du 10 février 2016, en effet, la Cour de cassation a multiplié les interprétations du droit ancien à la lumière du droit nouveau (Cass., ch. mixte, 24 févr. 2017, n° 15-20.411 ; rappr. Civ. 1re, 20 sept. 2017, n° 16-12.906, D. 2017. 1911 ; RTD civ. 2017. 837, obs. H. Barbier et, surtout, Soc 21 sept. 2017 n° 16-20.103, D. 2017. 2289, note B. Bauduin et J. Dubarry, 2007, note D. Mazeaud, 2018. 371, obs. M. Mekki, et 435, obs. S. Karaa ; AJ Contrat 2017. 480, obs. C.-E. Bucher ; Dr. soc. 2018. 170, étude R. Vatinet, et 175, étude Y. Pagnerre ; RDT 2017. 715, obs. L. Bento de Carvalho ; RTD civ. 2017. 837, obs. H. Barbier), pour justifier une série de revirements de jurisprudence. Les dernières décisions confirment néanmoins que l'interprétation audacieuse de la Cour de cassation reste dans les limites du raisonnable. Pour preuve, deux arrêts rendus par la troisième chambre civile de la Cour de cassation le 6 décembre 2018 (Civ. 3e, 6 déc. 2018, n° 17-21.170 (promesse unilatérale de vente), D. 2019. 298, avis P. Brun, et 301, note M. Mekki ; et n° 17-23.321 (pacte de préférence), D. 2018. 2413, et 2019. 294, note S. Tisseyre) témoignent de la prudence des magistrats dans le domaine spécifique des contrats préparatoires.

Dans le premier arrêt, diffusé et non publié, l'avocat général, Philippe Brun, avait invité la Cour de cassation à opérer un revirement de jurisprudence en combattant la jurisprudence Consorts Cruz du 15 décembre 1993 (pour une vue complète, P. Malinvaud, D. Fenouillet et M. Mekki, Droit des obligations, LexisNexis, 14e éd., 2017, n° 154, p. 141) et en accordant l'exécution forcée en nature au bénéficiaire sans aucune référence formelle au nouvel article 1124, alinéa 2, du code civil qui en fait désormais le principe. Non seulement la Cour de cassation n'a pas souhaité formellement interpréter le droit ancien à la lumière du droit nouveau, ce qui aurait probablement pu être analysé comme une atteinte excessive à la prévisibilité des parties (art. 1er du premier protocole à la Conv. EDH ou à l'art. 6, § 1, de la Conv. EDH), mais surtout elle a préféré reconduire la jurisprudence antérieure, la promesse avant levée de l'option « excluant toute rencontre des volontés réciproques de vendre et d'acquérir (...) ». On peut d'ailleurs se demander si, sous l'empire du droit nouveau, l'exécution forcée aurait été envisageable au fondement de l'article 1124, alinéa 2, du code civil. En effet, il était en l'espèce question d'une promesse unilatérale de vente post mortem. Le point de départ du délai d'option était fixé au décès d'un propriétaire antérieur titulaire d'un droit d'habitation. Or la rédaction maladroite de l'article 1124, alinéa 2, pourrait être exploitée par le promettant (ou ses héritiers) pour défendre l'éviction de toute exécution forcée et l'inapplicabilité de l'article. En effet, l'article dispose que l'exécution forcée et la rétractation sans effet du promettant concernent le cas où cette dernière interviendrait « pendant le temps laissé au bénéficiaire pour opter ». Or, tant que le propriétaire antérieur est encore vivant, le temps laissé au bénéficiaire n'a pas encore commencé à courir, excluant en amont toute application de cet alinéa 2 ! Même si cette interprétation joue sur l'ambiguïté du texte, elle peut parfaitement être défendue. En tout état de cause, l'arrêt confirme la prudence des magistrats de la Cour de cassation qui n'abuse pas de cet outil qu'est l'interprétation du droit ancien à la lumière du droit nouveau.

Dans le même esprit, dans le second arrêt, une promesse unilatérale de contrat a été conclue alors que le promettant était tenu par un pacte de préférence de dix ans (pour plus de détails, V. infra). La question consistait à savoir si la conclusion d'une telle promesse constituait une violation du pacte de préférence. L'occasion était ici belle de consacrer l'engagement définitif du vendeur dans une promesse unilatérale de vente, qui l'expose à une demande en exécution forcée, confortant ainsi la violation du pacte. Au lieu de cela, sans autre explication, la promesse est analysée comme un engagement suffisant pour constituer une violation du pacte de préférence : « le pacte de préférence implique l'obligation, pour le promettant, de donner préférence au bénéficiaire lorsqu'il décide de vendre le bien ». Y a-t-il une différence entre la décision de vendre et l'engagement à vendre ? Si la promesse engage et constitue une violation du pacte de préférence, engage-t-elle au point de fonder une demande en exécution forcée ? Aucune précision n'est apportée sur ce point (répondant par l'affirmative de manière implicite, V. Civ. 3e, 7 juin 2018, n° 17-18.670, AJDI 2018. 627 qui parle du promettant qui « ne peut renoncer à la vente » et peut être « contraint »). Décidément, prudence est mère de sûreté !



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للحصول على كتاب
 
قضاء محكمة النقض الفرنسية 
بخصوص 
قانون الإلتزامات والعقود
الطبعة الأولى: دجنبر 2015
منشورات مجلة قم نفر، باريس
تحت رقم : 168. 
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الخميس، 19 سبتمبر 2019

468 : La réforme du droit des sûretés, Point de vue d’un praticien des procédures collectives, par Reinhard Dammann

[Colloque virtuel] 
 




LA RÉFORME DU DROIT DES SÛRETÉS
Colloque du Master 2 Droit du patrimoine approfondi ( Université Paris 1 Panthéon Sorbonne)

Mercredi 18 septembre 2019 de 15h30 à 17h30
Amphithéâtre Lefebvre à la Sorbonne
14 rue Cujas, 75005 Paris


Thème 3 : « Point de vue d’un praticien des procédures collectives »

Maître Reinhard Dammann, associé du cabinet Clifford Chance, spécialiste des procédures collectives

Téléchargements






الخميس، 12 سبتمبر 2019

92 : تعاقد مجلس إدارة شركات المساهمة مع نفسه، بقلم محمد بلمعلم

تعاقد مجلس إدارة شركات المساهمة مع نفسه 

بقلم: محمد بلمعلم

مقدمة:


أجاز المشرع المغربي بموجب الفقرة الأولى من المادة 253 من قانون شركات المساهمة المغربي، استثناءا من مبدأ حرية تداول أسهم شركة المساهمة، "التنصيص في النظام الأساسي على إخضاع تفويت الأسهم للغير بأية صفة من الصفات لموافقة الشركة"، "ما عدا في حالة الإرث أو التفويت إما للزوج أو للأقارب إلى الدرجة الثانية بإدخال الغاية" ، أو التفويت الذي يتم في إطار عملية من عمليات العرض العمومي في سوق البورصة ، حيث ظلت هذه الحالات من تفويت الأسهم الاسمية إلى الغير على الأصل الذي كانت عليه وهو حرية التفويت.
غير أن إصدار الشركة قراراَ برفض الموافقة على تفويت الأغلبية الأسهم (المراقبة) إلى الغير، ليس هو نهاية الأمر، ذلك أنه بعد أي رفض يترتب على الشركة التزام بالعمل على شراء الأسهم من المساهم الذي يرغب في تفويت أسهمه والخروج من الشركة، ذلك أن تقييد حرية تداول الأسهم استثناءا ما هو إلا تقييد مؤقت ، ولا يمكن بأي حال أن يظل المساهم حبيس أسهمه ، وبناء عليه نص المشرع المغربي على سبيل الوجوب، على أنه في حالة ما "إذا لم توافق الشركة على المفوت إليه المقترح، تعين على مجلس الإدارة أو مجلس الإدارة الجماعية، داخل ثلاثة أشهر ابتداء من تاريخ تبليغ الرفض، العمل على أن يتم شراء الأسهم إما من طرف أحد المساهمين أو أحد الأغيار أو من طرف الشركة، بعد موافقة المفوت، لأجل تخفيض رأس المال" .
ولكن في الواقع هناك ممارسات يحرم المساهم بمقتضاها من تقييد تفويت الأسهم إلى الغير بحق الموافقة رغم الاعتراف التشريعي بجواز تقييده، ذلك أن المفوت يعمد إلى ممارسة حق الموافقة، بدلا عن المساهمين الذين نشأ لهم الحق في الموافقة بتفويت المفوت المذكور أسهمه إلى الغير، ففي هذه الحالة نكون بصدد حرمان المساهم واقعيا من ممارسة الحق المعترف له به تشريعيا في رفض الموافقة على المفوت إليه المقترح والعمل على شراء الأسهم من المساهم المفوت بدلا عنه .

وليس هذا موضوعنا في هذا المقال ، بل سنفترض هنا أن الأقلية استطاعت استصدار قرار برفض الموافقة على تفويت الأغلبية لأسهمها (المراقبة) إلى الغير، لكي نسلط الضوء على إشكالية أخرى تثيرها الفقرة الرابعة من المادة 254 المذكورة، وهي أنه: 

عندما منح المشرع المغربي اختصاص العمل على شراء الأسهم لمجلس الإدارة أو مجلس الإدارة الجماعية، أغفل أنه كما يمكن للأغلبية أن تكون هي من يحرك حق الموافقة، قد يأتي اليوم الذي تكون فيه الأقلية هي من نشأ لها هذا الحق بتفويت الأغلبية أسهمها إلى الغير، 

 وبالتالي فالسؤال: 

إذا كان في الحالة الأولى يمكن توكيل الأغلبية مجلس الإدارة في شراء الأسهم، فكيف نفعل في الحالة الثانية التي ينشأ فيها للأقلية الحق في العمل شراء الأسهم من الأغلبية المشكلة لمجلس الإدارة المفوتة ؟ 

هل يعقل أن توكل الأقلية مجلس الإدارة الذي يمثل الأغلبية المفوتة في العمل على شراء الأسهم من نفسه ؟


للجواب عن هاته الأسئلة وغيرها، نحيل القارئ على : 

مساهمة للكاتب في مؤلف جماعي بعنوان :  


صدر ضمن سلسلة قانون الأعمال والممارسة القضائية، 

منشورات مجلة المهن القانونية والقضائية، شتنبر 2019.

م ب
 


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335 : عدم مشروعية عقود كراء المراة رحمها وبطنها للغير، الغرفة المدنية الاولى، 12 شتنبر 2019. ق: م ب


محكمة النقض الفرنسية
الغرفة المدنية الاولى، 
قرار 12 شتنبر 2019.


عدم مشروعية كراء الأرحام، 

عدم مشروعية كراء الأرحام،

بموجب المادة 8 من اتفاقية حقوق الإنسان، قضت الغرفة المدنية الأولى، لمحكمة النقض الفرنسية بموجب قرار بتاريخ 12 شتنبر 2019، بعدم مشروعية اتفاقية كراء رحم لفائدة الغير، الأمر الذي يبرر رفض طلب الإقرار بالنسب المقدم من قبل الأب البيولوجي، حالما يلاحظ القاضي، حارس مصالح الطفل، شروط حياة الطفل المتبنى.

وبذلك تلتحق المحكمة العليا بموقف الحكومة الفرنسية

لقد اعلنت محكمة النقض الفرنسية عدم توافق اتفاقية كراء الأرحام مع القانون الفرنسي، حتى وان كانت مرحب بها في إطار القانون الأوروبي، وبالتالي تقترح المحكمة العليا مؤسسة التبني المعروفة كحل. [1]

 

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القرارات الكبرى لمحكمة النقض الفرنسية

بصدد قانون الأشخاص

الطبعة الاولى: شتنبر 2022

منشورات مجلة قم نفر، باريس

بقلم: محمد بلمعلم

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الحالة المعروضة أمام محكمة النقض 

أثارت القضية ضجة حيث أنها تتعلق بامرأة باعت الطفل عدة مرات لعدة أزواج يرغبون في إنجاب طفل، وهو ما برر إدانتها بتهمة الاحتيال. لكن هذا ليس الموضوع هنا.

اختارت الأم تسليم الطفل للزوجين الآخرين اللذين دفعا أكثر. للقيام بذلك، تتخلى الأم قانونيًا عن الطفل عند الولادة، ويعترف به الرجل الذي يعلن نفسه والد الطفل. ثم تتبنى زوجة الرجل الطفل. يمر الوقت، ونمى الطفل في الواقع والقانون، ثم اتضح أن رجل الزوجين الأولين كان والد الطفل، حيث كان الأمر يتعلق بـ "التلقيح الإصطناعي".

نتيجة لذلك، تم تقديم الفكرة قانونية للزوجين الأولين للعمل على الأساس القانوني المسمى "الاعتراف بالطفل". في الواقع، يمكن للأب، عن طريق القانون، أن ينازع في أبوة من يُعلن ذلك من خلال إثبات الصلة البيولوجية القائمة بينه وبين الطفل. وهكذا، في حين أن الطفل أٌعلن منذ ولادته من قبل الرجل الثاني وتم تبنيه، ويعيش مع الأسرة الثانية ، قام الزوجين الأوليين، بالطعن والمنازعة أبوة ونسب الرجل الثاني ومن تم الاعتراف بأبوة الرجل الأول والنسب الذي يربطه بالابن، كما يطلب تغيير الاسم العائلي للطفل، واستبعاد أي تواصل مستقبلي بين الطفل و الزوجين الآخرين.

حكم قضاة الموضوع بعدم مقبولية مثل هذا الإجراء، واستندت محكمة استئناف روان في إعلان عدم المقبولية هذا إلى المواد 16-1 من القانون المدني، التي تضمن رجحان الشخص الإنساني على ما سواه، والمادة 16-7 التي تعلن عدم مشروعية تأجير الأرحام.

لذلك استأنف الأب الدعوى أمام الغرفة المدنية الأولى لمحكمة النقض.

طعن في قرار الاستئناف من جهة أن المحكمة الأوروبية لحقوق الإنسان تنص في مادتها 8 التي تحمي الحق في هوية الطفل في حقه في الارتباط بأبيه برباط بنوة، مما يمنحه الحق في الطعن في النسب والبنوة التي تربطه برجل ليس والده.

كما دفع بأن قضاة الموضوع جعلوا من المستحيل بقرارهم إثبات النسب بين الوالدين والطفل، وهو ما يمثل "تدخلاً في الحياة الخاصة للطفل" وانتهاكًا للمادة 8 ، وتدخلاً غير متناسب حتى لو كانت اتفاقية تأجير الأرحام غير مشروعة في ظل القانون الفرنسي.[2]

 

الحل المقدم من محكمة النقض

ورفضت محكمة النقض الاستئناف.

استندت أولاً على المادة 16-7 من القانون المدني التي تنص على بطلان عقود تأجير الأرحام، ثم المادة 16-9 التي تضيف أن هذا البطلان من النظام العام.

ومع ذلك، فإن "دعوى السيد أ ؛ التي ينازع بموجبها في نسب الطفل للسيد ب، وبالتالي الاعتراف بأبوته للطفل بناء على عقد كراء الرحم المبرم مع السيدة ج"، أيدت محكمة النقض قضاة الموضوع، وقضت أنهم "استنتجوا بالضبط أن الطلب غير مقبول، لأنه يستند إلى عقد يحظره القانون".

ثم أكدت محكمة النقض على أن قضاة الموضوع أشاروا إلى أن الطفل يعيش في ظروف ممتازة مع الزوجين الآخرين وأنه "ليس من مصلحته أن ينفك رباط البنوة بهذا الأمر، الذي لا يخل بأي حال من الأحوال بحق الطفل لمعرفة حقيقة أصوله ".

وتلاحظ محكمة النقض في حكم الاستئناف أنها "لاحظت أن الأمر كذلك حتى لو لم تتم الموافقة على الطريقة التي تم بها إثبات رابطة البنوة هذه عن طريق الاحتيال في قانون التبني".

وتشير محكمة النقض كذلك إلى أن حكم الاستئناف "ينص على أن المدعي العام، وهو الوحيد المخول الآن للطعن في الاعتراف بالسيد ب. ... ، وقد أعلن أنه لا ينوي تحريك الدعوى العمومية هذا الصدد".

وخلصت محكمة النقض إلى أنه "بعد أن نظرت بالتالي في المصالح المتعارضة، بما في ذلك مصالح الطفل ، التي بالضرورة هي الراحجة، فإن محكمة الاستئناف لم تتجاهل المقتضيات الاتفاقية الناتجة عن المادة 8 من اتفاقية حماية حقوق الإنسان و الحريات الأساسية".

ولذلك فهي ترفض الطعن الذي تم رفعه ضد قرار محكمة الاستئناف.[3]

 

تقدير الحل المقدم من محكمة النقض

ولذلك، بناء على المادة 8 من الاتفاقية الأوروبية لحقوق الإنسان، فإن النسب بالتبني، بقدر ما تكون محاطة بضمانات قضائية، سوف تسود على آلية الطعن في الأبوة، ينبع هذا من الاتفاقية الأوروبية لحقوق الإنسان نفسها، لأن الطفل يمكنه أيضًا ممارسة حقه في معرفة أصوله، وتجسيد "حقه في الهوية”، والذي لا يمثل البنوة التعبير الوحيد عنه.

كما أنه بدون تجاهل المادة 8، فإن الأبوة في القانون المحلي، بقدر ما يتعارض تأجير الأرحام مع النظام العام، لا يمكن أن يمنع رابط النسب فحسب، بل يمكن أيضًا أن يمنع ارتباط النسب "البيولوجي". بسبب النظام العام الذي تنص عليه المادة 8 من الاتفاقية الأوروبية لحقوق الإنسان لا يتجاهل ويهدف من خلال هوامش تفسير الدول الموقعة.

تجتمع الجمعية العامة لمحكمة النقض، لدمج هذا الرأي، الذي يستهدف حالة القانون الفرنسي، الذي يمتلك هوامش للتعبير عن القيم الخاصة به، كون تأجير الأرحام موضوعًا للمجتمع، وأن وضع القانون الفرنسي يسمح له بحماية الأطفال، لأنه يمتلك تقنية التبني. ومع ذلك، في القضية التي تم الرد عليها بحكم الغرفة المدنية الأولى الصادر في 12 سبتمبر 2019، فإن البنوة بالتحديد عن طريق التبني هي التي تتمتع بامتياز هنا، ومن قبل محكمة الاستئناف في روان ومحكمة النقض. في الواقع، عندما تستخدم السلطة القضائية العليا عبارات مثل "استنتجت بالضبط”، فهذا يعني أنها تؤيد منطق قضاة الموضوع.

بالإضافة إلى ذلك، تتفق محكمة النقض هنا تمامًا مع السوابق القضائية لمجلس الدولة الصادر في 31 يوليو 2019 والتي تنص على أن قانون المحكمة الأوروبية لحقوق الإنسان لا يمنع بأي حال وزير الداخلية من رفض تجنيس شخص بمبرر أنه سوف يلجأ إلى تأجير الأرحام في الخارج. وهكذا، تشير المحاكم الفرنسية العليا، سواء كانت قضائية أو إدارية، إلى النظام العام: تأجير الأرحام مسألة تتعلق بالنظام العام. وليس بأي حال من الأحوال مسألة خاصة. ولا تتعارض المادة 8 من الاتفاقية الأوروبية لحقوق الإنسان بأي حال من الأحوال مع النظام العام الذي يتخلل هذا القلق الذي يجب أن يكون للدولة مع البنوة. هذا هو السبب في أن القاضي، كما ينص هذا الحكم الصادر في 12 سبتمبر 2019 بالضبط، هو الذي يجب أن يراقب دائمًا المصالح الراجحة للطفل، وليس فقط أطراف الاتفاقية أو وسيط الوكالة أو طرف ثالث (مثل الموثق، على سبيل المثال).

لذلك تواصل أوروبا، من خلال تشريعاتها والسوابق القضائية لمختلف ولاياتها القضائية، رفض السماح للوكالات ببناء سوق للنساء والأطفال رفضًا صارمًا [4].

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القرارات الكبرى لمحكمة النقض الفرنسية

بصدد قانون الأشخاص

الطبعة الاولى: شتنبر 2022

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التوثيق: 

محمد بلمعلم، عدم مشروعية عقود كراء المراة رحمها وبطنها للغير، الغرفة المدنية الاولى، 12 شتنبر 2019. مجلة قضاء محكمة النقض الفرنسية، شتنبر 2019، تحت رقم 335.



[1] Cour de cassation chambre civile 1 , Audience du jeudi 12 septembre 2019 , N° de pourvoi: 18-20472 , Publié au bulletin

En application de l'article 8 de la CEDH, la cour de cassation affirme, par un arret de la premiére chambre civile du 12 septembre 2019, que l'illicéité de la convention de GPA justifie le rejet de la demande de reconnaissance de paternité formulée par le père biologique, dès l'instant que le juge, gardien de l'intérêt de l'enfant, a constaté les conditions de vie de l'enfant adopté. rejoignant le gouvernement, la cour de cassation déclare l'hostilité du droit français à la GPA compatible avec le droit européen et vise l'adoption comme solution.

 

[2] Le cas soumis à la Cour de cassation 

Le cas avait fait grand bruit puisqu'il s'agit d'une femme qui avait vendu l'enfant plusieurs fois à plusieurs couples désirant un enfant, ce qui avait justifié sa condamnation pour escroquerie. Les juges du fond ont donc appliqué des textes relatifs aux choses à un enfant... On ne peut mieux reconnaître la marchandisation de celui-ci, mais ce n'est pas ici le sujet.

La mère avait choisi de livrer l'enfant au second couple, qui avait payé davantage.  Pour ce faire, juridiquement la mère abandonne l'enfant à la naissance, celui-ci est reconnu par l'homme qui se déclare père de l'enfant. Puis la conjointe de l'homme adopte l'enfant. Le temps passe et l'enfant ainsi accueilli en fait et en droit grandit.

Puis il s'était avéré que l'homme du premier couple était le père de l'enfant. Tout cela s'était fait dans une confusion générale car, comme le dit avec une certaine candeur l'arrêt, il s'était agi d'une "insémination artisanale".

Du coup, l'idée juridique était fait pour le premier couple d'agir sur le terrain juridique de la reconnaissance d'enfant. En effet, de droit, le père peut contester la paternité de celui qui est déclaré telle en démontrant le lien biologique existant entre lui et l'enfant. Ainsi, alors que l'enfant déclaré depuis la naissance par le second homme et adopté, vivant chez le second couple, le premier couple, via cette action en contestation de paternité du second homme et en reconnaissance de paternité du premier,  demandant le changement de nom  famille de l'enfant et excluant tout contact à l'avenir avec le second couple. 

Les juges du fond ont déclaré irrecevable une telle action.

La Cour d'appel de Rouen fonde cette déclaration d'irrecevabilité sur les articles 16-1 du Code civil, qui assure la primauté de la personne et l'article 16-7 qui déclare illicite la GPA  

Le père forme donc un pourvoi devant la première chambre civile de la Cour de cassation. 

Le pourvoi soutient que la CEDH implique dans son article 8 qui protège le droit à l'identité de l'enfant le droit d'être rattaché par un lien de filiation à son père, ce qui ouvre à celui-ci un droit à contester la filiation le rattachant à un homme qui n'est pas son père et un droit à faire reconnaitre sa filiation à son égard.  

Le pourvoi soutient que les juges du fond ont rendu par leur décision impossible l'établissement du lien de filiation paternité, ce qui est une "ingérence dans la vie privée de l'enfant" et une violation de l'article 8, ingérence disproportionnée même si la convention de GPA est illicite en droit français. 

 

[3] La solution apportée par la Cour de cassation

La Cour de cassation rejette le pourvoi.

Elle vise tout d'abord l'article 16-7 du Code civil qui pose la nullité de la convention de GPA, puis l'article 16-9 qui ajoute que cette nullité est d'ordre public.

Or, "l'action de M.X. en contestation de la reconnaissance de paternité de M.Y., destinée à lui permettre d'établir sa propre filiation sur l'enfna, reposait sur la convention de gestation pour autrui qu'il avait concue avec Mme C." ; en celui, la Cour de cassation approuve les juges du fond en écrivant qu'ils ont "exactement déduit que la demande était irrecevable comme reposant sur un contrat prohibé par la loi".

Puis la Cour de cassation souligne que les juges du fond ont relevé que l'enfant vivant dans d'excellentes conditions avec le second couple et qu'il n'était "pas de son intérêt supérieur de voir remettre en cause le lien de filiation avec celui-ci, ce qui ne préjudicie en rien au droit de l'enfant de connaître la vérit sur ses origines".

La Cour de cassation relève dans l'arrêt d'appel que celui-ci "observe qu’il en est ainsi même si la façon dont ce lien de filiation a été établi par une fraude à la loi sur l’adoption n’est pas approuvée".

La Cour de cassation relève encore que l'arrêt d'appel "précise que le procureur de la République, seul habilité désormais à contester la reconnaissance de M. Y..., a fait savoir qu’il n’entendait pas agir à cette fin".

La Cour de cassation en conclut "qu’ayant ainsi mis en balance les intérêts en présence, dont celui de l’enfant, qu’elle a fait prévaloir, la cour d’appel n’a pas méconnu les exigences conventionnelles résultant de l’article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales".

Elle rejette donc le pourvoi.

[4] La portée de la solution apportée par la Cour de cassation  

C'est donc bien en application de l'article 8 de la CEDH que la filiation par une adoption, en tant qu'elle est entourée des garanties juridictionnelles, va prévaloir, sur un mécanisme de contestation de paternité.

Cela découle donc de la CEDH elle-même, parce que l'enfant par ailleurs peut exercer son droit à connaître ses origines, concrétisation de son "droit à l'identité", dont la filiation n'est pas la seule expression. 

C'est également sans méconnaitre l'article 8 que la filiation dans le droit interne, en tant que la GPA est contraire à l'ordre public, peut non seulement bloquer un lien de filiation mais même un lien de filiation dite "biologique", en raison d'un ordre public que l'article 8 CEDH ne méconnait pas et dont vise à travers les marges d'interprétations des Etats signataires. 

L'Assemblée plénière se réunit pour intégrer cet avis qui vise l'état du Droit français en estimant que, notamment parce qu'il dispose des marges pour exprimer les valeurs qui lui sont propres, la GPA étant un sujet de société, et que l'état du Droit français lui permet de protéger les enfants puisqu'il dispose de la technique de l'adoption. Or, dans le cas auquel répond l'arrêt de la première chambre civile du 12 septembre 2019, c'est précisément la filiation par l'adoption qui est ici privilégiée, et par la Cour d'appel de Rouen, et par la Cour de cassation. En effet, lorsque la Haute Juridiction utilise des expression comme "en ont exactement déduit", cela signifie qu'elle reprend à son compte le raisonnement des juges du fond. 

En outre, la Cour de cassation rejoint ici parfaitement la jurisprudence du Conseil d'Etat du 31 juillet 2019 qui pose que le droit de la CEDH n'empêche en rien le Ministre de l'Intérieur de refuser une naturalisation d'un adulte pour le motif qu'il aura eu recours à une GPA à l'étranger. Ainsi, les Hautes juridictions françaises, qu'elles soient judiciaires ou administratives, se réfèrent l'une et l'autre à l'ordre public : la GPA est une affaire d'ordre public. Et en rien une affaire privée. L'article 8 CEDH ne contredit en rien l'ordre public qui imprègne ce souci que l'Etat doit avoir de la filiation. C'est pour cela que c'est le juge, comme le dit exactement cet arrêt du 12 septembre 2019, qui doit toujours veiller sur l'intérêt supérieur de l'enfant, et non pas seulement les parties à la convention, l'agence intermédiaire, ou un tiers (comme un notaire, par exemple). 

Ainsi l'Europe à travers et sa législation et la jurisprudence de ses différentes juridictions, continue fermement de refuser à laisser les agences construire le marché des femmes et des enfants. 

Voir Marie-Anne Frison Roche

 

ر 555 : دراسات وأبحاث في القانون الخاص الفرنسي : بقلم بلمعلم محمد

الكتاب : دراسات في  ا لقانون الخاص الفرنسي المؤلف : محمد بلمعلم ،  الناشر : مجلة قضاء محكمة النقض الفرنسية  العنوان : باريس، فر...